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lundi 31 octobre 2022

Le Mali nouveau à la quête de son indépendance

                




                                                                   

Le vent de la liberté qui secoue les fondements mêmes de l'ordre international, qui nous gouverne actuellement, est également en passe d'ébranler toutes les 
certitudes de la France quant à la conduite à tenir face au désir d'émancipation de certaines de ses ex-colonies d'Afrique. Sur ce continent, le nombre de régimes politiques décidés, sous la pression d'une société civile de plus en plus aux faits de l'actualité, à la faveur d'une démocratisation d'Internet, de faire appel à d'autres partenaires ne fait que croitre : La Centrafrique, le Mali, l'Ethiopie, l'Ouganda, le Cameroun, le Burkina Faso… Et au nombre de ces pays, le Mali qui vit une crise sécuritaire d'envergure, représente à lui seul un cas d'école. Car, le pays a carrément décidé de rompre avec la Métropole tout partenariat stratégique au profit d'autres partenaires comme la Turquie, l'Iran, la Chine mais surtout la Russie. Cette rupture historique, dans sa forme comme dans son fond, n'est pour autant pas une surprise. Vue la manière peu professionnelle avec laquelle le président français, Emmanuel Macron en personne, a traité le dossier, il n'en pouvait être autrement. Et Rarement le quai d'Orsay, quant à lui, a tant brillé par son manque de vision.   


Comment la France a perdu la partie  


On appelle Françafrique : les accointances et autres cachoteries entre copains, de part et d’autre de la méditerranée. Elle se manifeste notamment par la corruption de nos élites et des pratiques mafieuses savamment orchestrées par la France sur le continent. Et ce, afin de défendre ses intérêts tout en permettant aux présidents africains de s'éterniser au pouvoir. Tout cela, à l'insu et sur le dos des pauvres populations africaines. En revanche, les quelques rares chefs d'Etat patriotes qui s'opposent aux intérêts vitaux de la Métropole se retrouveront de facto dans le collimateur de Paris. S'en suivront alors des menaces, des tentatives de déstabilisation, le financement et l'équipement de rebellions armées etc. C'est l'une des manifestations les plus abjectes du néo colonialisme français. Or, depuis l'avènement de l' Internet, des médias sociaux et du pluralisme médiatique, la donne est en train de changer. La jeunesse africaine qui ne s'intéressait que très peu à l'actualité politique à l'échelle internationale, il y a quelques décennies, se retrouve aujourd'hui au même niveau d'information que n'importe quel responsable politique. Plus intransigeante par rapport à tout ce qui touche à la souveraineté de surcroit, c'est une jeunesse citoyenne qui intervient plus que jamais dans le débat politique et dont la voix compte. 


C'est dans cette dynamique qu'il faut inscrire les coups d'Etat successifs ayant eu lieux dans les pays de la sous région sahélienne. Ces coups de force sont l'expression d'un très profond mécontentement populaire. ils sont, dans la plupart des cas, l'aboutissement de plusieurs mois de mobilisations populaires réprimées dans le sang. Au Mali par exemple, la médiocrité du régime d' IBK était si patente que la France ne pouvait nullement agir face à l'ampleur de l'évidence. 

  
Nulle question pour nous de verser, dans cette tribune, dans des invectives inutiles contre la France. Il importe tout de même de jeter un regard critique sur l'attitude, la stratégie et les solutions que la diplomatie française a mises en avant, depuis le coup d'Etat contre le régime de IBK le 18 août 2020, afin de maintenir le Mali dans son giron. Il faut dire que la France a essuyé toutes les difficultés à comprendre les jeunes officiers qui renversèrent Bah N'Daw, huit (8) mois plus tard, sous la direction du colonel Assimi Goïta. C'est de cette incompréhension que va découler toutes les maladresses de la Macronie. 


Le premier élément d'importance qui, a nos yeux, se trouve à la base de ce fiasco tient à la communication même du président Macron. Du point de vue de la forme, il a privilégié les prises de paroles publiques (Conférence, forum et autres réunions) pour s'adresser aux chefs d'Etat souverains d'Afrique. Le but d'un tel exercice n'est pas en réalité de communiquer, mais plutôt de paraître et de menacer. Pourtant, quoi de plus dynamique que de se déplacer, quand il s'agit des dossiers sensibles, pour avoir un tête -à-tête, un dialogue. Et plus étonnant encore, il se trouve que Monsieur Macron aime prendre des libertés avec la réalité des faits. Le respect dû à ses paires n'est pas sa priorité. C' est un narcissique. c'est-à-dire qu'il s'aime beaucoup, il aime beaucoup s'écouter… Il croit sincèrement que ses interlocuteurs ne le valent pas et cela ressort dans son discours et son gestuel. Sa pédagogie consiste plus à faire peur qu'à se faire comprendre. Jamais, Emmanuel Macron n'a parlé à Assimi Goîta et Choguel Maïga encore moins au Peuple malien. Mais plutôt à lui même et à son électorat.. 


Le second motif qui explique cet cuisant échec concerne évidemment la stratégie que paris a privilégiée douze mois durant. A savoir, la politique de l'intimidation et de la déstabilisation. Mais là aussi, nous pouvons constater l'amateurisme et la faiblesse des réseaux de renseignement français au Mali. Pour combattre un ennemi il faut le connaître. Partir seulement du postulat que la France est chez elle ici en Afrique, et que les Africains francophones ne sauront jamais s'affranchir du tutelle néo coloniale, a été une grosse erreur d'appréciation. Comment le quai d'Orsay n'a pas pu voir que ces jeunes officiers qui ont décidé de "rectifier la trajectoire de la transition'' allaient leur mener la vie dure, qu'ils étaient d'une popularité inédite dans ce pays, que c étaient des patriotiques résolument décidés de sortir leur pays du gouffre ? Comment ont - ils pu croire que les tentatives de déstabilisation, avec la complicité active de quelques présidents de la CEDEAO à la dévotion de la Métropole, pouvait venir à bout de tout un peuple débout dernière leurs élites politiques, peu importe qu'ils soient militaires .   


En fin, le manque de vision géo stratégique qui caractérise la politique internationale française, depuis l'élection de Macron, a contribué à plus d'un titre à discréditer davantage ce pays dans les pays francophones d'Afrique. Le commun des mortels sait pertinemment que la France ne fait pas la guerre au sahel par charité. Elle y est pour défendre ses intérêts. A partir de là, soutenir que la France partira dès que le groupe russe, Wagner, aura mis les pieds au Mali, a été un non sens diplomatique. En défendant urbi et orbie cette thèse, Paris a précipité Bamako dans les bras de Moscou. Le simple fait de s'accrocher sans discernement à ce principe prouve que Jean-Yves Le Drian et ses collaborateurs ignoraient à tel point l'armée française était devenue indésirable au Mali. L'on est en droit de se poser la question de savoir quelle était la ligne directrice de Macron, tant les contractions au file des semaines devenaient quasi quotidiennes. Bref, ce fut le flou total. En réalité, c'est l'Elysée qui a rendu la tâche facile à Assimi Goïta en lui servant la libération de sa partie sur un plateau d'argent.     


 La politique est un métier exigeant qui s'accommode mal de l'improvisation. Le régime de Macron en a fait les frais. Même si nous constatons un changement d'approche consécutif à la multiplication des coups d'Etat dans le sahel. Echaudé par le cas Malien, Emmanuel Macron a semblé ces derniers temps avoir bien appris la leçon. Sa parole devient rare et mieux policée.
 A l'instar du reste du monde, ce qui se passe en Afrique noire francophone est loin d'être un épiphénomène. Nous sommes au commencement d'un gigantesque mouvement de contestation de l'ordre international établi à la fin de la seconde guerre mondiale. C'est peut-être réellement le début d'une nouvelle ère plus que multipolaire. 

                                                                                       Boubacar Mody Sacko 

dimanche 8 avril 2012

RETOUR A UNE VIE CONSTITUTIONNELLE NORMALE

LA BALLE EST DANS LE CAMP DE LA CEDEAO




                                      


Finalement le bon sens et l’esprit patriotique auront prévalu sur tout le reste ! Amadou Haya Sanogo dont il convient de saluer le geste, quelles qu’en soient les raisons qui l’ont motivé (ce sont des détails), en acceptant de céder le pouvoir aux civiles, permet à tout un peuple de pousser un grand ouf de soulagement ! On peut enfin affirmer, sous réserve de l’évolution des négociations au niveau Ouest-africain, qu’après avoir été assombri par les pires perturbations de sa jeune histoire, le ciel malien commence à afficher des signes tangibles de clémence.

Pour autant, la situation dans laquelle nous vivons est loin d’être reluisante. Près des trois quarts (3/4) du territoire national sont occupés par des Bandits armés et autres islamistes. Aujourd’hui, les braves et paisibles populations de Gao, Kidal et Tombouctou subissent en continue viols, vols, humiliations,… et toutes les autres formes de persécutions !  cela sans que l’armée régulière n’ait ni la volonté, ni la capacité d’intervenir pour sauver le moindre brin de cheveux.

De même, nous vivons dans une république où l’armée, après avoir mis fin à un processus démocratique, s’est installé sur le trône pour, ont – ils affirmé, mâter la rébellion et rétablir l’Etat. Mais grande fut la stupéfaction des citoyens de constater que nos soldats, au moment où ils devraient livrer bataille pour défendre les trois plus grandes villes du nord (Kidal, Gao et Tombouctou), refusèrent de se battre, abandonnant bagages, canons, fusils et munitions à l’ennemi. Cela en arguant le fallacieux et honteux prétexte du « manque de munitions ». Comment et comment allons-nous être lavés de ce douloureux et ultime affront ? Comment revigorer les ardeurs d’une armée qui a complètement perdu toute confiance en elle-même ? là résident quelques interrogations dont la réponse n’est pas pour demain !

En ce qui concerne l’aspect politique, c’est le moment pour nous de saluer, sur cette tribune, la disponibilité et l’accompagnement des frères de la CEDEAO. En particulier les autorités du Burkina Faso sans qui, le Mali était parti pour des décennies d’aventure, même si l’on peut déplorer l’embargo de trois jours dont les populations ont été les seules victimes. Une solution  cent pour cent africaine à un problème africain ! souhaitons que cela soit le début d’une nouvelle ère.

La principale conclusion de ces concertations interafricaines a été l’accord politique dont le chef de la junte Amadou Sanogo a bien voulu signer devant les cameras des télévisions du monde entier. Cet accord politique qui permettra de mettre ce pays sur les rails de la légalité constitutionnelle, pour avoir tout son  sens, doit être judicieusement et scrupuleusement appliqué. N’oublions pas que son application rigoureuse ouvrira la voie à une possible intervention des troupes de la CEDEAO( Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest) sur notre sol. Pour ce faire, Dionkounda Traoré qui est un homme du sérail doit se transcender en se mettant au dessus des calculs politiciens, des petits arrangements entre copains de même obédience politique… le futur premier ministre, à qui il reviendra la lourde tâche de l’organisation des élections, ne doit pas être un homme d’appareil. Je le vois comme étant un homme ou une femme d’une grande personnalité ayant un certain renommé à l’international aussi bien qu’au niveau national. Un patriote à poigne, un Malien dont la réputation d’honnêteté ne fait l’ombre d’aucun doute. Ceci est d’autant plus important que, dans une phase comme celle que le Mali traverse, l’image est d’une portée de premier ordre. 

Par ailleurs, faut-il le noter, dans leur grande majorité, les Maliens demeurent convaincus que la seule et unique issue  susceptible trouver une solution pérenne à cette occupation du territoire malien, reste l’intervention de cette force ouest-africaine. Une telle force de frappe doit être dotée de moyens financiers, technologiques, logistiques et humains assez conséquents pour mener à bien sa mission ! il ne faudra donner à cette rébellion aucune chance, aucun argument de combat, sinon lourdes seront les conséquences si toutefois les combats devraient s’éterniser des mois et même des années durant  !

Or, il se trouve que les enjeux géopolitiques et stratégiques sont si importants que la réalisation de ce projet sous-régional est tout sauf une gageur.
Les Etats de la CEDEAO ne disposant pas de moyens financiers suffisants pour soutenir l’effort de guerre, c’est à la France et aux Etats-Unis de prendre en charge le volet logistique (transport, communication…). Et quand on sait que la France a toujours eu du mal à cacher son soutien aux différentes rébellions touaregs,  lorgnant sur les richesses supposées du sous-sol de cette région, on peut être sûrs que ce pays va sortir tous les arguments « droit de l’hommistes »  pour retarder  l’échéance le plus tard que possible. Sans oublier que la France de Sarkozy a clairement conditionné sa contribution à l’amorce d’un certain processus de négociations avec les assaillants. Négociations pour combien de temps ?

Un autre facteur, dont la complexité nous retient à ne pas se laisser aller dans un optimisme béat quant à un probable débarquement des troupes ouest-africaines, concerne le manque de coordination et de planification d’une telle force entre pays africains ! quels sont les matériels de guerre adéquats dont ce genre de combat (il s’agit du désert) nécessite ? quel pays prendra la direction des opérations et du commandement ? le Nigeria étant en proie à des conflits interethniques.  Tous les Etats sont- ils partisans d’une intervention militaire… ? Espérons que l’urgence de la situation fasse comprendre aux uns et aux autres qu’il s’agit, au-delà du Mali, de la sécurité de toute la sous-région. Faute de quoi le temps écoulé risque d’être mis à profit par les islamistes, qui semblent désormais prendre le dessus sur le terrain, pour peaufiner leur positionnement.

Mais tout ceci ne sont que des hypothèses, et le moins que l’on puisse espérer est, qu’entre temps, les différents groupes armés islamistes et séparatistes continuent de se battre entre eux. Un tel scénario pourrait créer les conditions propices à une opération d’envergure de l’armée malienne au grand soulagement de toute la communauté ouest africaine. Que Dieu guide le Mali. Que Dieu guide l’Afrique


                                                                Boubacar Mody Sacko



dimanche 25 mars 2012

APRES LE COUP D'ETAT MILITAIRE


Tournons - nous vers l’Avenir !
Le caractère inédit de la nouvelle configuration socio - politique de la République du Mali demande qu’on s’y attarde quelque peu !  Ne nous évertuions pas seulement à vouloir se livrer à une quelconque gymnastique intellectuelle, aussi objective peut –elle être,  pour indexer telle ou telle personnalité, comme étant les seules responsables de ce qui ressemble aujourd’hui à un fiasco national. Contentons nous seulement de faire l’Etat des lieux.
Notre pays vient de connaître un coup d’Etat militaire mené par les hommes du jeune Capitaine Amadou Haya Sanogo. Si ce coup de force s’est opéré, dieu soit loué presque sans effusion de sang, force est de reconnaître qu’il plonge le Mali dans une  instabilité politique assez déplorable. Instabilité que tous les démocrates appréhendaient, quand on sait l’impasse dans lequel cela a précipité, dans pareil cas, nombre de pays africains.
Même si la vie commence à reprendre son cours normal à Bamako et dans les autres localités, il convient de noter que les pillages et autres actes de vandalisme visant les dépôts et édifices publics à Bamako, ayant suivi ce putsch, laissent les traces d’une ville où pratiquement tout doit être refait.

On ne peut pas comprendre cet ultime chamboulement intervenu au sommet de l’exécutif, sans jeter un œil critique sur l’immense sentiment de frustration qui s’est emparé des Maliens dans leur grande majorité. Et de toutes ces préoccupations dont nos compatriotes n’arrêtent plus, depuis 5 ans maintenant, de se plaindre, celle qui aura été l’élément déclencheur aura été effectivement l’élément de trop. A savoir la progression des forces rebelles qui n’arrêtaient plus de gagner du terrain sur tous les fronts face à une armée malienne démotivée, sous-équipée et livrée en pâture, à un tel point que même les appels au secours et autres cris de détresse, de la part des militaires, n’étaient plus audibles par les locateurs de Koulouba.
De même, nombreux sont les Maliens qui soupçonnaient le président ATT de vouloir laisser la situation se pourrir, cela dans l’espoir que le pays puisse se retrouver face à un état d’urgence. Ce qui par la suite amènerait les autorités à reporter sine die les élections présidentielles prévues pour le 29 avril 2012. Attachés, à juste raison, à l’intégrité de leur territoire tout en étant fiers de leur armée, les Maliens se sont vite sentis touchés dans leur amour propre !  Et le ras-le-bol général était palpable. 
A cela, faut-il le préciser, est venu s’ajouter le problème des élections présidentielles qu’il fallait organiser dans un délai relativement court. Sans compter que le régime du président ATT qui, après une décennie de règne, à bout de souffle, portait visiblement les stigmates d’une usure assez prononcée !  
Cette ruine du pouvoir ATT s’est traduite par un certain laxisme dans la gestion des dossiers brûlants de l’ère : École, Crise politico-militaire au nord, corruption généralisée notamment au niveau de l’accès à la fonction publique… Bref tous les ingrédients propices à l’amorce d’un soulèvement populaire était réunis.
C’est le moment de rappeler que nous ne saurions cautionner un coup d’Etat militaire, surtout dans un pays comme le nôtre, cité en référence, à juste raison, comme étant un exemple de réussite démocratique ! De même que nous regrettons la mise en écart de ce pays, fervent pro-panafricaniste, de toutes les organisations régionales et sous-régionales.
Toutefois, la particularité du contexte nous oblige au réalisme ! La question  à la quelle nous devons tous ensemble répondre est de savoir ce que l’on peut faire pour remettre le train Mali sur les rails de la paix, de la cohésion sociale et de la prospérité économique. Rien de tout cela n’est possible que dans un contexte de stabilité politico- institutionnel.
 C’est la raison pour laquelle, je suis d’avis qu’il faut que tout un chacun de nous mette du sien pour aider et accompagner ce nouveau régime du CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat ) à réussir sa transition. Il reste entendu que la transition débouchera  nécessairement sur  l’organisation d’élections libres et transparentes !  En ce qui nous concerne personnellement, nous tâcherons, par des écrits et autres actes patriotiques, à tout mettre en œuvre afin qu’ensemble ce pays puisse renouer avec sa réputation d’antan. Comme le disait l’ancien président Guinéen Ahmed Sékou Touré « la vie d’un homme va de zéro à une centaine d’années, celle des peuples va de moins (-) à plus (+) l’infini ».
Que Dieu Guide le Mali                                                                      
                                       Boubacar Mody Sacko

jeudi 28 juillet 2011

District de Bamako






Quand le changement des
mentalités ne suit pas
le développement
 économique

Entre les nouveaux immeubles et villas de tous standings qui sortent de terre, comme des petits champignons, les ponts, les nouveaux échangeurs ou encore les larges chaussées qui s’étendent jusqu’en lointaines périphéries, sans oublier les parcs d’attraction et jardins publics, Bamako arbore visiblement l’aspect d’une ville en pleine expansion économique. Mais à côté de ce doux tableau, persiste un autre phénomène moins reluisant : l’incivisme généralisé.

Si vous avez résidé au moins 5 années  durant en dehors du pays, soyez sûr qu’au  retour, vous aurez de fortes chances de vous égarer quelque peu. En effet, non seulement les nouvelles concessions, qui sortent de terre à profusion, change le visage des grands artères, mais aussi les nouvelles routes goudronnées ont nécessité un nouveau plan de circulation, en particulier sur la rive droite (Bakô) du Fleuve Niger.

En ce qui concerne l’activité économique, il faut dire qu’elle a connu un essor assez significatif. Même si le pays, faut-il le préciser, a encore du chemin à faire pour atteindre la prospérité économique, force est de reconnaître que la ville de Bamako arbore l’allure d’une agglomération futuriste, assez agréable à visiter.

Le développement du secteur des télécommunications, avec Orange Mali et la SOTELMA (Société de télécommunication du Mali) qui ont étonnamment démocratisé le téléphone et internet sur toute l’étendue du territoire national, a permis à notre pays une plus large et fluide connexion avec l’international. La stabilité sociopolitique, les facilités fiscales, une meilleure accessibilité du pays grâce aux nouvelles technologies de la communication, un réseaux routier inter urbain des plus importants de la sous -région  constituent quelques uns des motifs ayant convaincu les entreprises nationales et internationales à investir davantage dans quasiment tous  les secteurs d’activités.

Parmi les secteurs porteurs, on retiendra entre autres l’industrie avec, à titre d’exemple, les deux usines de montage automobile construites en moins de 3 ans ; l’agriculture avec l’Office du Niger qui, après avoir bénéficié d’investissements colossaux et d’aménagements de territoires irrigables sans précédent, est pris d’assaut par les ressortissants des pays de la sous – région ; le BTP avec la construction des logements sociaux et de ponts et chaussées en chaîne ; l’élévage avec la construction de nouvelles usines de fabrications d’aliments pour bétails, d’engrais et de pesticides ; l’énergie avec la construction de plusieurs centrales électriques dont une solaire… 



L’activité socio-économique à Bamako est si intense que se pose avec acuité la question du centralisme économique et administratif dont souffre cette agglomération. C’est vrai que Bamako est un Mégapole, avec un rythme de croissance qui est le plus rapide d’Afrique et le 6ème du monde (selon Wikipédia). Avec une population estimée à plus 4 millions d’habitants ( si l’on compte les villages en périphérie), le District de Bamako mérite une restructuration administrative et urbaine digne de son essor économique. La constante surpopulation de son centre ainsi que le désordre ambiant qui règne au sein de son centre commercial, situé en plein cœur de la cité, sont la preuve de la nécessité d’une meilleure actualisation des principes généraux en vigueur dans la gestion de la ville des trois caïmans, où tout est centralisé.



Un autre problème auquel les usagers  de notre capitale sont confrontés concerne la circulation routière. En effet, du fait d’une multiplication vertigineuse des scooters DIAKARTA, le respect du code de la route a été totalement foulé au pieds. La méconnaissance totale des règles fondamentales du code de la route ou tout simplement leur non application, l’excès de vitesse, le non respect des signalisations horizontales... ont réduit le macadam au sauve-qui-peut ! En l’absence de pistes cyclables suffisamment larges, impossible de rouler sur la bande de droite, tant les usagers de DJAKARTA, filant en pleine allure sans casque, se permettent toutes les imprudences. Heureusement qu’il y a quelques policiers qui sont là pour réguler, autant qu'ils le peuvent, le trafic au niveau des carrefours et rond- points.

Pour résoudre ce problème des Djakarta, nous proposons aux autorités de doter les routes de pistes cyclables bien adaptées. De même, le port du casque est une mesure qui doit être obligatoire pour tous les usagers d’engin à deux roues. En fin, toutes les mobylettes avec un cylindre de 60cm de Diamètre, dépassant une vitesse maximum de 60 km/h, doivent être conduites exclusivement par des usagers ayant passé le permis de conduire équivalent. C’est cela la règle dans tous les pays du monde. Certaines mesures avaient été prises dans ce sens, mais nous ignorons à présent pourquoi l’Etat a renoncé à prendre ses responsabilités. Pourtant, il y va de la vie de milliers de jeunes et de la sécurité dans la circulation routière, indispensable dans toute société développée.



Si les autorités ne prennent pas les mesures préventives nécessaires, l’expansion démographique du fait de l’exode massif de populations rurales à la recherche de mains d’œuvres risque d’avoir raison du centralisme et de l’Etat de providence. Je suis d’avis que l’Etat doit non seulement prendre ses responsabilités mais également responsabiliser les populations. La modernité a un prix : c’est le civisme, la discipline, et la responsabilité. Si les populations ne font pas preuve de civisme et de respect envers les infrastructures réalisées, c’est à l’Etat de faire appliquer la loi.

Dans le cas du Mali, l’excès de sensibilisation a atteint un tel degré que d’aucuns parlent de laxisme et de fuite de responsabilité de la part des décideurs.  Pourquoi sensibiliser les populations à  ne pas jeter les ordures sur la voie publique, cela après cinquante ans d'indépendance ? A quoi sert le code de la route dans un Etat de droit ? doit-on passer le reste du temps à prier les conducteurs de Djakarta pour qu’ils mettent des casques ? y a-t-il un Malien qui ignore que l’occupation illicite des espaces publics est interdite ?

                                              Boubacar Mody Sacko

dimanche 16 janvier 2011

Rebellion du nord-Mali

Le retour en terre promise d'Ibrahim Ag Bahanga

L'ex-chef rebelle qui avait fait renaître de leurs cendres les hostilités militaires au nord du Mali, à partir de 2008, vient de signer son retour dans son fief de Chibro, localité située entre la ville de Tombouctou et la frontière Nigérienne. Cette nouvelle nous surprend quelque peu après que l'homme ait, à maintes reprises, émis son désire de revenir au Mali, en vue d'intégrer le processus de paix sous la médiation de l'Algérie.
Bahanga ayant la main particulièrement souillée de sang de paisibles citoyens, les autorités maliennes, semble t-il, avaient opposé une fin de non recevoir à sa requête, préférant le traduire devant les tribunaux. Certains le décrivent comme un élément très nuisible au processus de paix. Alors s'agit -il, de la part de ce renard de désert, d'une repentance ou tout simplement d'un repli tactique?


En tout cas, la question de la rébellion  dans le nord du Mali ressemble étrangement au mythe de Sisyphe : Un éternel recommencement. Cette révolte, menée par des bandes de jeunes Touareg  et assimilés, habitant la partie septentrionale du Mali, qui est aussi vieille que l'indépendance du Mali plane toujours telle une épée de Damocles sur la tête de la Nation Mali. De tous les gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce vaste pays sahélo-saharien, aucun n'est parvenu à apporter une solution pérenne et viable. La problématique est certes complexe. Mais nous estimons que le temps est venu d'en finir avec le colmatage, d'arrêter d'endormir les tensions le temps d'un mandat.
Nous pensons qu'on ne peut pas combattre un mal sans s'attaquer à la racine. Le nid de la rébellion au Mali, n'ayons pas peur de le dire, est bel et bien en Libye, d'où nombre des touareq seraient originaires. L'arsenal militaire, les milliards qui leur sont déversés ne viennent pas de leurs poches. Il est clair que les rebelles du nord-Mali ne s'auto financent pas. Les ficelles étant tirées depuis la Libye, il importe de changer de stratégie.  
Pour abattre un arbre, il faut arracher les racines, faute de quoi, l'arbre renaîtra.
Que Dieu aide le Mali !

                                                                               Boubacar Mody Sacko

vendredi 11 décembre 2009

Situation politique

La montée en puissance des candidatures indépendantes menace l'ascension des partis politiques

L'évolution de la scène politique malienne, depuis la chute du régime militaire en 1991, est véritablement riche en rebondissements. Du pouvoir des partis politiques, on est peut être en train d' atterrir sur une arène totalement acquise à la cause des candidatures indépendantes. Cette situation, que nous considérons comme étant un passage obligé au vu de la jeunesse du système démocratique malien, découle d'un processus de vingt ans d'agitations politiciennes dont les partis politiques demeurent les principaux acteurs. On ne peut pas comprendre la dégringolade des partis politiques maliens en profondeur, sans jeter un regard critique sur les facteurs qui ont prévalu à l'avènement dans ce pays, qui n'aura connu que le pari unique pendant les (30) trente premières années de son indépendance, du pluralisme politique . En effet, le régime militaire avait, certes, été renversé par un soulèvement populaire mené, par le peuple malien à bout d'une situation de raz-le-bol généralisé. Au demeurant, comment les Maliens pouvaient -ils cautionner un système socio - politique fondé sur le planisme et la corruption orgnisée. Le renversement du pouvoir du général Moussa Traoré hourdi par les militaires, avec à leur tête Amadou Toumani Touré (affectueusement appelé ATT), n'était que l'aboutissement logique d'un affaiblissement progressif d'une dictature dont les tenant ( les militaires eux-mêmes) n'avaient eu de cesse de regretter.
C'est dans ces conditions que Alpha Oumar Konaré, soutenu par son parti l'ADEMA-PASJ (Alliance pour la Démocratie au Mali - Parti Africain pour la Solidarité et la Justice), fut élu président de la République, à l'issue d'un scrutin démocratique et populaire, jugé de transparent par toute la communauté internationale. Et mieux encore, l'Adéma n'aura aucune peine à remporter l'ensemble des autres scrutins, législatif e
t municipal.


L'Adéma-Pasj, un grand parti aux pieds d'argile

L'apprentissage de la démocratie étant un exercice qui ne s'improvise pas, le régime Adéma se heurtera vite à une montée fulgurante des revendications catégorielles. Outre les élèves et étudiants, les différents corps de métiers posèrent, chacun en ce qui le concerne, ses doléances sur la table du président Konaré.
l'Adéma et son pouvoir, tout en faisant face à cette montée des tensions sociales, devait faire face aux assauts ,sans cesses répétés, de ses adversaires politiques, qui ne tarderont pas, eux aussi, à tomber dans une espèce d'opposition systématique. l'intransigeance d'une certaine opposition, dont les leaders n'étaient que des combattants de lutte de Alpha Oumar Konaré, avait fini par decrédibiliser ceux qui ne parlent pas le même langage que l'ADEMA au pouvoir. L'opinion nationale malienne s'indignera vite des positions, souvent à l'emporte pièce, de "politiciens sans programme, toujours prêts à s'opposer, sans pour autant être capable de proposer une alternative crédible". Certains iront jusqu'à les qualifier d' "opposition non constructive"
le président Alpha, quand à lui, décidera alors de pratiquer "la division pour mieux régner " face à une opposition qui représentait paradoxalement un danger potentiel au régime ADEMA en proie à des querelles de cloché et autres divergences idéologiques. Le régime Adéma n'arrivant pas à éradiquer l'essentiel des maux qui ont été à l'origine de la chute du régime militaire (corruption, inégalité grandissante, grande pauvreté...), perdra et de sa crédibilité et de son aura auprès de son électorat. Cette traversée de désert mettra à mal l'unité et la cohésion du parti de l'abeille. S'en suivront les fissures et autres démissions intempestives au sein du parti majoritaire.
Dans une telle configuration la candidature de ATT, cette fois en tant civil, était la seule qui émergeait du lot.
Ainsi, sans parti politique, ATT arrive à fédérer toutes les forces du pays, à l'exception de l'Adema et Rpm, autour de son projet fondé sur l'union et non la politique qui, elle, divise les Maliens. l'ex militaire gagne sans surprise le scrutin présidentiel, c'était en juin 2002.
L'élection de ATT ouvrait ainsi le bal des candidatures indépendantes. A partir de cet évènement historique, nombreux seront les politiques qui furent le choix de se débarrasser de leur étiquette pour s'engager dans une candidature indépendante.
La dernière en date et la plus spéculaire des élections du genre concerne celle de Moussa Mara, un jeune de 38 ans, comme maire de la commune IV du District de Bamako.
C'est au regard de tous les faits ci-haut évoqués que nous pensons que l'avenir des partis politiques, si ceux-ci ne s'évertuent à écouter les électeurs, risque d'être sérieusement compromis. En revanche, ce phénomène qui met au devant de la scène des personnalités, pour la plus part en manque de maturité politique, peut avoir un effet de manivelle, à condition que les résultats suivent.

lundi 7 décembre 2009

SPORT : COUPE CAF


Le sacre du Stade malien de Bamako

le Stade Malien de Bamako ( l'équipe la plus populaire au Mali) a remporté, samedi dernier, la coupe de la CAF, face à l'équipe algérienne de l'entente de Shétif. C'était au stade Modibo Kéïta, devant une foule immense en délire. A la loge officielle, une cohorte de hautes personnalités politiques et sportives entouraient son excellence le Président ATT. Les stadistes ont fait honneur à leur président et à tout le peuple malien. En ce qui nous concerne, il faut dire que les mots nous manquent pour exprimer notre sentiment après cette victoire. En effet, il s'agit là du premier vrai trophée continental remporté par une équipe malienne de football. Au terme des 90 minutes, et décompte fait des deux matches, aller et retour, (à l'allée, le stade avait perdu 2-0), ce sont les Bamakois qui remportent le trophée.

Après le match, c'est tout Bamako qui était en effervescence, les klaxons de motos et voitures se mêlaient aux cris de victoire des supporteurs qui ont pris d'assaut plusieurs grands Artères de Bamako mais aussi de Kayes, Segou, Sikasso, Mopti...., improvisant ainsi un carnaval qui a duré toute la soirée. Bref, le pays était aux anges.

Autant dire aux autres équipes, attention au suivant!!! car le football malien renaît de ses cendres après plusieurs décennies de sommeil.

mercredi 25 novembre 2009

TELECOMMUNICATION : LE MALI BRISE LES MURS


LES 703 COMMUNES BIENTOT CONNECTEES SUR INETRENET

De tous les atouts dont dispose notre pays, la communication reste le secteur le moins mis à profit au service des populations. Si le téléphone portable a été démocratisé, Internet demeure toujours l'apanage d'une minorité de privilégiés. Pourtant, nous sommes en plein dans, ce qu'on appelle, "l'ère du tout numerique", de la toile sans fin, des grandes bases de données, Cela a définitivement brisé les toutes dernières barrières qui existaient entre les hommes sur cette planète terre Que les autorités de notre pays puissent comprendre que le développement passe nécessairement par le libre accès pour chacun, où qu'il se trouve sur le territoire national, à l'information et à la connaissance, me réjouit fort. Même si cela reste à traduire dans les actes, ceci dénote d'une certaine prise de conscience au niveau du sommet.

vendredi 13 novembre 2009

TELECOMMUNICATION

la sotelma bradée à 183 milliards
Maroc Télécom peut-elle relancer le secteur?

C'est un euphémisme que de dire que la communication est plus que stratégique dans l'orientation structurelle d'un état, quel qu'il soit. C'est elle également qui permet à une nation d'être audible, et même crédible aux yeux des citoyens; et par là même d'avoir une certaine lisibilité dans les moindres nuances de sa politique internationale. Même si, avouons-le, la Sotelma, en ce qui la concerne, était loin d'être un exemple de gestion rigoureuse.
D'un point de vu économique, la com permet une meilleure accessibilité des citoyens à l'information utile, à la démocratisation de la connaissance, à la fluidité des échanges et des transactions de toute nature. Céder le monopole du maillon central de son axe transversal, à un opérateur d'un pays du tiers monde (Maroc Télécom), découle d'un manque évident d'ambition futuriste, de la part du gouvernement du Mali.
Mais ce tricotage a un aspect qui nous paraît particulièrement inquiétant, c'est surtout la logique qui a concouru à ce que nous qualifierons de braderie. En effet, croyant renflouer les caisses de l'état, le régime ATT, s'est contenté d'une centaine de millions de dollard (183 milliards de Fcfa), pour se débarrasser de sa poule aux yeux d'or. Une société qui se chargeait, à elle seule, de payer les arriérés de salaires de tous les fonctionnaires. Et pire encore, au lieu de réinjecter l'argent ainsi empoché dans un vaste programme de modernisation des moyens de communications, notamment en créant une école supérieure sur les nouvelles techniques de la communication digne de ce nom, ATT a procédé au partage du gâteau.
La seconde grande inquiétude qui nous préoccupe a trait aux capacités réelles de Maroc Télécom, à pouvoir hisser la SOTELMA à hauteur de concurrence. Entre nous, et sans tomber dans une quelque délation que ce soit, Maroc Telecom a t-elle réellment les moyens et l'expérience pratique pour concurrencer Orange? Orange qui n'est autre que la filliale téléphonie mobile du très géant France Télécom.
Nos gouvernants ont sans doute raté une bonne occasion de sceller un deal, donnant donnant, avec une entreprise de dimension et taille mondiale, quitte à rénoncer à une grande partie des restournes, pour rélancer définitivement les télécommunications en République du Mali et créer un subtil rapport de forces.
C'est au regard de tous les faits ci-haut évoqués que je crois que la Sotelma a été bradée.
Que Dieu aide le Mali et l'Afrique!!

lundi 26 octobre 2009

Cinquantenaire de l'indépendance du Mali

Du gaspillage à l'affiche

Pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’accession du Mali à la souveraineté nationale, le président ATT tient à cœur d’organiser à l’échelle du pays des manifestations d’envergure sans précédent au Mali.
Mais seulement voilà, le pays est frappé, à l’instar de la communauté internationale, de plein de fouet, par une crise dont nous ne savons pas, aujourd’hui encore, combien elle peut être ravageuse.
Nous pensons à notre niveau que les autorités de notre pays n’ont pas tout à fait tort de vouloir célébrer notre accession à l’indépendance, du moment que l’évènement se fête dans des proportions tout à fait correctes.. Independence oui, gaspillage non, non, non !!! nous constatons que si l’indépendance est une chose, celle économique en est une autre. Une souveraineté capable d’offrir à tous les citoyens les fondamentaux de la vie courante.
Aujourd’hui, le premier défi pour le Mali, comme tous les pays de l’Afrique subsaharienne, demeure l’auto suffisance alimentaire. Est-ce un pays qui importe l’essentiel de ses denrées alimentaires de première nécessité indépendant ? Alors qu’il dispose de plaines cultivables à ciel ouvert, alors que sa population est jeune à 80%..., le pays doit privilégier l’investissement dans les ressources humaines, ou plutôt financer des manifestations et autres cérémonies de réjouissance ?
Voilà pourquoi, je suis d’avis que toutes les sommes d’argent qui sont en train d’être injectées dans cette cohorte de manifestations ne constituent que gâchis au vu de notre bilan général qui constitue, sans nul doute, un échec.
Le peuple Malien qui est une communauté fière et laborieux dans sa diversité, n’a rien fait pour mériter une telle gabegie.

dimanche 23 août 2009


Bravo à la télévision malienne
L’ORTM désormais en direct sur internet
Depuis quelque jours, la chaîne de télévision nationale du Mali ORTM ( Office des Radiodiffusions Télévisions du Mali) est accessible gratuitement sur internet. Cette réalisation exceptionnelle assez grandiose, qui nous a énormément surpris, prouve encore une fois toute l’attention et que les autorités du Mali portent à la communication avec le reste du monde et en particulier les Maliens résidant à l’étranger.
Qu’ils trouvent ici l’expression de tous nos sentiments de joie et de reconnaissance.
Que dieu aide le Mali et l’Afrique
NOUVEAU CODE DE LA FAMILLE

La femme va t- elle être l’égale de l’homme au Mali ?

Pour mieux répondre aux exigences qu’imposent les différentes mutations que connaisse notre société, un nouveau code de la famille a fait l’objet de débats à l’assemblée du Mali, depuis le début de ce mois d’Août, avant d’être adopté, en séance plénière par la majorité des honorables députés de la nation.
L’adoption dudit code, qui reste, faut-il le rappeler, à être promulguée par le chef de l’Etat, a donné lieu à un véritable levé de bouclier au sein de la société civile. Principale pomme de discorde un article qui stipule en substance que : « l’homme et la femme se doivent RESPECT MUTUEL et doivent tous contribuer, en parfaite harmonie, à la gestion matérielle, financière et morale de la famille. » l’on comprend, dès lors aisément, la réaction des différentes associations religieuses estimant qu’il s’agit là d’une atteinte assez dangereuse à l’un des fondements de notre société qui fait de l’homme le premier responsable de la famille et auquel la femme devrait respect et OBEISSANCE.
Au vu de toutes les manifestations et autres marcheurs qui bâtent le pavé à Bamako et dans plusieurs autres villes, il apparait évident que ce texte, comme toute grande réforme, fait face à une grande résistance dans un pays des plus phallocratiques d’Afrique.
Rappelons que dans le code précédent, l’homme « est le chef de la famille et la femme lui doit RESPECT ET OBEISSANCE». L’un des reproches fait au nouveau texte est qu’il est de nature à révolter les femmes et d’être à l’origine de plusieurs déchirements familiaux.
Aussi, les associations religieuses reprochent-ils à cette nouvelle vision, purement occidentale, d’être contraire aux prescriptions de l’Islam.
En ce qui nous concerne, nous pensons que le texte ne sera pas promulgué par le président, tant la protestation a pris des proportions assez inattendues, en tout cas pas en l’état.
Une chose est évidente, c’est que le vent de la liberté que les femmes d’occident du monde ont provoqué n’épargne nul îlot, isolé soit-il, sur cette planète terre. Accepter que la femme et l’homme sont égaux, qu’ils se doivent respect mutuel, n’est pas faire justice ?
A l’heure de la mondialisation, et nous sommes en 2009, nul peuple ne saurait vivre en vase clos, surtout qu’il s’agit du Mali, un peuple qui tient à sa liberté et où la démocratie est une réalité en Afrique aujourd’hui.
Un conseil : appliquons le nouveau texte, car il cache plus d’avantages que d’inconvénients pour le développement du Mali et d’Afrique.

jeudi 6 août 2009

CONSTRUCTION D’UN HOTEL DE TOURISME DANS LA ZONE DES PLATEAUX DOGONS

UNE INITIATIVE SALUTAIRE

En Afrique de l’ouest, le Mali occupe une place de choix au rang des pays les mieux dotés en sites touristiques. Des plateaux Dogons (la communauté Dogon étant considérée, à juste raison, par Marcel Griaule comme le peuple le plus Anthropologique au monde) à Tombouctou, en passant par le Tata de Sikasso, les vestiges coloniaux de la région de Kayes de Ségou…sans citer la faune et la flore, le pays regorge de sites d’attraction ayant tous des portées historiques spécifiquement grandioses. Mais malgré un tel potentiel, le pays qui abrita la capitale de l’empire Manding, au XIII siècle sous Soundjata Kéïta, peine à s’ériger une véritable industrie du tourisme qui soit à la hauteur des attentes. C’est pourquoi, nous pensons que la construction d’une telle infrastructure mérite d’être saluée à sa juste valeur, pour que notre pays qui puisse jouer tout son rôle dans le cercle, un peu fermé quand même, des pays africains à forte attraction touristique.

mardi 9 juin 2009

BIENTOT UN TRAMWAY A BAMAKO
Depuis quelque temps, un projet de construction d’un nouveau Tramway retient l’attention des Bamakois et des bamakoises. En effet, le président de la République, Son excellence Amadou Toumani Touré, lui-même a émis le vœu que puisse voir le jour une ligne de Tramway, flambant neuve, comme on le voit partout dans les pays développés.
Nous estimons que c’est un projet qui est certes ambitieux tant il est vrai qu’il permettra de doter le pays d’un moyen de transport à la fois attrayante qu’écologique.
Mais au-delà de la forme, le Mali, au stade actuel de son développement n’a nullement besoin d’un tramway. S’il y a une priorité, c’est bien la réorganisation du transport urbain déjà exsitant. Le Mali est l’un des rares pays africains (ne parlons pas du reste du monde) où le transport public intra urbain est quasi inexistant.
Pourquoi ne pas investir dans un ambitieux plan de restructuration du transport public dans toutes nos capitales régionales ? Inutile d’évoquer l’état du transport à Bamako, tant le secteur peine du fait de son caractère artisanal ! Un si coûteux projet, 26 milliards environ, est loin d’être une priorité dans un pays où la famine existe encore, où le taux de mortalité infantile est très élevée, sans parler de la formation professionnelle des jeunes
PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE
ATT RENONCE DEFINITIVEMENT A UN TROISIEME MANDAT
C’est la date anniversaire de son investiture à la présidence de la République – le 08 juin - qu’ATT a choisie pour déclarer officiellement qu’il ne sera pas candidat aux prochaines présidentielles. Avant de préciser que « La constitution du Mali est claire, et elle sera respectée ». Il faut dire que l’attitude, ces derniers temps, de notre cher président fait de sous entendus, et de communications à outrance ; doublée des ambitions mal cachées de son entourage immédiat, laissaient entrevoir, les prémisses d’une patente attirance pour un troisième mandat. Heureusement que son esprit de lucidité a prévalu, comme nous l’avons souhaité il y a trois mois sur ce même blog, sur ses ambitions personnelles.
Sage décision qui mérite d’être saluée à sa juste valeur, quand on sait que notre jeune et fragile démocratie n’est pas complètement à l’abri des tentations de toute nature. ATT qui a été à l’origine du pouvoir populaire, en refusant de confisquer le pouvoir et de falsifier la constitution, laisse par ce geste, un message fort à la postérité. A savoir : Que le système démocratique tel qu’il découle de la conférence nationale de 1992, demeure un bien précieux, unique, sacré et inviolable, et quiconque y portera atteinte aurait déclaré la guerre au peuple malien tout entier.
Alla ka Mali dèmè

lundi 8 juin 2009

FOOT BALL
LES AIGLES DU MALI ECHOUENT A BAMAKO
Aujourd'hui, l'équipe nationale du Mali "les AIGLES" a été battue au stade du 26 mars de Bamako par les " BLACK STARS" de Ghana par le score de 2/0. Au delà du score, il faut dire que cette cuisante défaite arrive à un moment où les Aigles avaient commencé à susciter espoir et effervescence chez le public sportif malien. Au sortir d'un tel débâcle, l'on peut se demander si cette formation dirigée par Stephen Keshi, est en mesure, en cas de qualification en coupe du monde, de rivaliser avec les meilleures équipes du globe. cela d'autant que, l'effectif qui ne manque pas de talents, peine à accoucher d'une véritable équipe cohérente, capable d'une efficace complémentarité tactique.
En tout cas? les hommes de Keshi auront à travailler davantage, après avoir lâché 3 précieux points à domicile, pour se faire une place au Soleil de la prochaine CAN, à défaut de ne plus pouvoir prétendre à une probable qualification au premier Mondial Africain, prévu en Afrique du Sud en 2010

jeudi 19 mars 2009

Présentation du Mali, mon pays

Un pays en plein chantier du développemnt
Situé au sud de l’Afrique de l’Ouest, le Mali couvre une superficie de 1 241 238 km2 (soit deux fois celle de la France). .
Le Mali fut le berceau de nombreux empires, royaumes et états (l’empire de Ghana, l’empire du Mali et du Songhaï, les royaumes bambaras de Ségou et de Kaarta, le Royaume de Sikasso, et les états théocrates des Peuls et des Toucouleurs).
Pendant de nombreux siècles, la sécheresse croissante du Sahara a conduit les populations à migrer vers la vallée du Niger. Des empires puissants, principalement dirigés par des musulmans, se sont succédé jusqu’à la fin du XIXe siècle et les villes de Djenné, Gao et Tombouctou sont devenues des villes commerciales et artistiques musulmanes.
En 1904, la région devient la colonie française du Haut Sénégal-Niger, rebaptisée plus tard colonie française du Soudan. Le pays gagne son indépendance en 1960 et prend le nom de République du Mali.
Population
La population du Mali était estimée à 11 414 000 en 2006, avec un taux de croissance de 2,63 % par an. L'espérance de vie à la naissance est d'environ 50 ans. Le taux de fécondité est en moyenne de 7,42 enfants par femme. Le taux de mortalité des enfants est de 107,58 0 tandis que celui des moins de cinq ans se chiffre à 194 0. Environ 90 % de la population malienne vit dans le sud du pays, 73 % en zone rurale. En matière de religion, la population est musulmane à 91 %, chrétienne à 1 % et animiste à 9 %.
Economie
Le pays étant semi-aride à 60 %, l'activité économique est en grande partie concentrée dans les zones proches du Niger, ou irriguées par cette rivière. Si l'industrie aurifère est la principale ressource avec 25,3 tonnes produites en 1999, le pays possède également du sel, du phosphate et de l'uranium. D'autres ressources minières existantes ne sont pas encore exploitées, notamment la bauxite, le fer, mais aussi le manganèse, l'étain et le cuivre.
L'économie est dominée par le secteur agricole qui emploie environ 75 % de la main dSuvre et représente 46 % du PIB. Ce secteur est actuellement dominé par le coton (405 907 tonnes produites en 1995/1996) ce qui place le Mali au second rang des producteurs africains de coton après l'Égypte. Cette culture a contribué de façon significative à l'économie villageoise, en permettant l'achat de matériel agricole, ou la construction d'écoles et de centres médicaux.
Parmi les principales productions agricoles, on compte le riz, le millet, le sorgho et le maïs. Le Mali exporte également des arachides et du sucre ; l'élevage et la pêche jouent également un rôle non négligeable dans l'économie. La production céréalière s'est développée de 6 % de 1989 à 1996 et de 13,3 % de 1996 à 1999. Cependant, la production agricole destinée à lalimentation na augmenté que de 6 % de 1989 à 1996, et de 1,8 % de 1996 à 1999.
Depuis la dévaluation, les produits maliens sont plus compétitifs à l'étranger et le Mali est devenu le premier exportateur de coton dans le monde.
En 2002, le PIB était estimé à 5,12 milliards de dollars US, et le revenu annuel par habitant à 379 dollars.